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Tous cartographes !

Cartographie & nouveaux usages : aujourd'hui (maintenant) tous cartographes ?

http://www.pingbase.net/memodvd/docs/23.html

A la croisée de l’internet citoyen, de l’éducation populaire, de la création artistique multimédia et des logiciels libres, l’association Ping accompagne les actions portées par des acteurs culturels et socioculturels, des associations, des collectivités, des artistes, et ce dans une volonté d’appropriation sociale des outils multimédia (réduire les disparités d’usages et les inégalités d’accès), de valorisation des pratiques d’expression (afin de dépasser l’aspect consommateur des outils numériques) et de pérennité des actions.


L'art cartographique est sans dessus-dessous. Avec le développement de la cartographie informatisée, on est passé en quelques années de la carte - outil technique et exploratoire à une carte devenue technologique et informationnele. Devenue média. Attention terrain glissant car qui maîtrise les cartes, maîtrise les territoires.

Allons enfants de la cartographie

Le deuxième âge d'internet, le web 2.0, oui nous y sommes. Parce « nous sommes le web » dixit un slogan, et c'est le buzz. Laurence Allard, sociologue des médias, en fait d'ailleurs le tour dans un article (1) dans la revue MédiaMorphoses fin 2007.
La lecture d'une carte étant sujette à l'interprétation, devenue média (autrement dit moyen de communication et d'expression, moyen de diffusion d'information, support, image, espace informationnel) alors c'est l'échappée belle : la carte permet aux individus d'accroître leur liberté dans une spatialité augmentée.

La cartographie, nouvelle compétence du citoyen ?

Prudence tout de même : la liberté qui augmente - dans l'excroissance du réel que représentent les territoire numériques (îlot, bot, salon, quartier, galerie, région et que sais-je encore) - c'est aussi une liberté mise à profit (vous ne contribuez pas sur votre temps de travail, n'est ce pas ?) et finalement amoindrie. Combien d'espaces citoyens où chacun peut réagir par le biais de commentaires trouvons-nous actuellement sur le web ? Probablement une infinité à l'image d'un récent cartoblog impulsé par le conseil régional des Pays de la Loire.
Mais comment distinguer le « vrai » du « faux » quand les organisations publiques et privées sollicitent de toutes part vos contributions pour enrichir le territoire mais aussi, et c'est bien là le pire, des empires. Dans le jargon, on appelle ça aussi le crowdsourcing (dont la traduction littérale mais inappropriée est « approvisionnement par la foule ») ou comment « utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire d'un grand nombre d'internautes, et ce, au moindre coût », merci wikipédia.
Un des enjeux majeurs de notre société des médias et de l'immédiateté est la maîtrise de « l'espace informationnel », à tout prix, tellement que si on peut le faire gratuit, on ne s'en prive pas.

Conquête et maîtrise de l'espace, de vieux fantasmes

Si la géographie mathématique naît en 600 avant JC grâce aux travaux de Thalès, l'acte de naissance de la cartographie arrive un peu plus tard, et prend véritablement son essor lorsque les romains conquièrent l'ensemble du bassin méditerranéen en 146 avant JC. Puis de militaire, la cartographie devient théologique au Vè siècle, avec la Bible qui s'impose. Enfin l'invention de la boussole en 1096 voit naître les premières cartes nautiques, et vous connaissez la suite à partir du Xvè : les grands explorateurs, Gutenberg etc etc.
Il faut attendre 1666 et la fondation de l'Académie des Sciences par Colbert pour que la France se lance dans une vaste campagne topographique. Le but : disposer de cartes précises pour équiper, aménager le royaume. Et maîtriser l'espace. Une problématique qui apparaît fondamentale pour la discipline (même en prenant la tangente du côté de la cartographie sémantique) : « meilleurs seront les documents cartographiques, plus sûres seront les décisions qui en émanent ». Si la cartographie civile n'en est alors qu'à ses balbutiements, la cartographie militaire a déjà son Dépôt de la Guerre (1688). A l'instar du GPS qui seulement après une première avancée dans le champ militaire, s'est rendu accessible et ouvert à des applications civiles.

Demain (hier) des services clés-en-main

Bien entendu la société évolue, l'espace individuel des hommes aussi, ainsi la géographie doit-elle renouveler ses concepts. La « théorie de l'espace » ou convention qui en a guidé les principes - suivant une équivalence entre « l'étendue du territoire, sa mesure en mètres carrés et les dimensions de l'espace de sa société » - n'est plus en adéquation avec le réel. Les espaces augmentent en densité et en complexité. De nouvelles données sont à prendre en compte : les échelles de vies et mobilités inhérentes, l'expérience des lieux et leurs visualisations, la concentration et l'hyper-position de connexions physiques et virtuelles, et la logique de réseau en lieu et place du territoire.
C'est dans les années 70 que se développe la géomatique et avec, les logiciels spécialisés que nous connaissons aujourd'hui : les SIG. Internet jouera un rôle important dans le développement de ces Systèmes d'Informations Géographiques, notamment à travers la diffusion des données traitées (via des navigateurs web, systèmes de navigations embarquées, plans et atlas cartographiques etc).

Finalement à quoi bon avoir les cartes en main lorsque pour me localiser ou définir un itinéraire, sur mon ordinateur, mon PDA ou mon téléphone, un éventail de cartes s'offrent à moi : accessibles, gratuites et interactives.

Prendre position, se situer au plus juste

Mobilités et nouvelles donnes globales (mondialisation, terrorisme, réchauffement climatique, vieillissement des populations) changent non seulement notre rapport au monde mais la perception que nous nous en faisons ; des représentations que les cartes classiques ont du mal à rendre compte.
On voit alors apparaître des cartes qui se thématisent afin de mieux appréhender une densité de flux (cartographie sémantique) ou éclairer des mouvements pour une représentation plus juste des territoires (cartogrammes). Le site http://www.worlmapper.org propose une collection de plus de 400 cartogrammes ; le résultant est bluffant.
De même, les artistes n'ont pas hésité à s'emparer de ce « nouveau média », se ré-appropriant la carte comme outil de création, médiation sociale ou diffusion. A titre d'exemple, on citera les cartographies émotionnelles de l'artiste britannique Christian Nold qui viennent alimenter la réalité tangible de données sensibles ou encore les cartes subjectives d'interventions urbaines qui explorent les notions de perception subjective du territoire et et de sa représentation, projet porté par le collectif bruxellois Constant.

Re-lecture et re-distribution des cartes

En articulant langage et image, les cartes permettent de produire un discours, sensible et sensé. Mais si certaines représentations font places au subjectif, d'autres sont aussi l'objet de manipulations intellectuelles : la carte comme outil de propagande a toujours existé dans l'histoire. Re-distribuer les cartes, c'est aussi se re-approprier les enjeux de la communication, s'enfoncer dans les zones obscures - pratique dans laquelle excelle les activistes de l'Université Tangente - et finalement redessiner les blancs, valoriser ce qui n'est pas ou peu visible.

A PiNG, nous avons eu l'occasion de développer au cours des derniers mois deux projets à dimension cartographique (via l'intégration du plugin GIS dans un SPIP) aux objectifs et échelles de territoires différents : l'un est une expérimentation de plate-forme communautaire à l'échelle d'un quartier de l'agglomération nantaise avec une cartographie sonore de témoignages ; l'autre est un atlas permettant de géolocaliser les acteurs développant des usages non marchands du multimédia en Pays de la Loire.

Toutefois, si le langage cartographique est l'expérience de la substitution vis à vis du territoire réel, et que certains en profitent pour raconter des histoires, nous sommes encore loin d'avoir exploré ce langage, nous qui continuons à faire des allers-retours à Saint-Nazaire où à Rezé... Les fictions cartographiques, à d'autres !


Extrait de Blogs, Podcast, Tags, Mashups, Cartographies, Locative Medias : Le tournant expressiviste du web et disponible en pdf sur le wiki de Laurence Allard : http://www.culturesexpressives.fr/doku.php

knowledgemapping.net portail de la cartographie sémantique

Appelées anamorphoses, de telles cartes partent d'un principe simple : un phénomène important dans la réalité doit prendre une place tout aussi importante sur la carte, quitte à déformer ses contours habituels ». Extrait de l'article « Le monde comme vous ne l'avez jamais vu » par Karine Hurel et Patrick Poncet publié dans la revue La Géographie n°2 – Printemps 2009

Invité du festival Mal au Pixel en avril dernier à Paris, l'artiste-chercheur présentait ses « sensitive map » réalisées avec l’aide du public et s'appuyant sur la technologie GPS, la cartographie temps réel et la déambulation urbaine. Voir le projet réalisé dans l'est parisien en collaboration avec Ars Longa : http://www.paris.emotionmap.net/map.htm

Cartes thématiques téléchargeables : Refuse the biopolice, Lagardère chroniques de guerre, Governing by networks... sur : http://utangente.free.fr/anewpages/cartes.html


Créé par: thanh dernière modification: Mercredi 19 of Mai, 2010 [18:25:32 UTC] par thanh


Des abeilles et des hommes
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